Un carré pour la biodiversité

UN CARRE pour la BIODIVERSITÉ est une opération marquée Observatoire Local de la Biodiversité® par l’Union nationale des CPIE.

Cette action a été initiée et est coordonnée au niveau national par le CPIE du Périgord-Limousin.

Particuliers et collectivités sont invités à participer aux inventaires naturalistes, véritable démarche de sciences participatives.

La préservation de la biodiversité passe par une meilleure connaissance de la répartition géographique des espèces. Papillons de jour, orchidées…vos observations sont précieuses !

Un grand nombre d’espèces végétales et animales nous entoure au quotidien, à tel point parfois qu’on n’y prête plus attention. Pourtant, si l’on se penche d’un peu plus près sur cette « nature ordinaire », on découvre alors une faune et une flore insoupçonnée et particulièrement intéressante.

Par ses activités, l’Homme menace cette « biodiversité d’à côté ». Pourtant, en ayant des pratiques respectueuses de l’environnement, chacun peut facilement participer à la préservation de cette nature.

 

Vous, particuliers, écoles, entreprises ou collectivités, êtes invités à « créer » votre propre « Carré pour la Biodiversité » !

Il s’agit de garder un espace enherbé pendant toute une saison de végétation, sans intervenir, c’est-à-dire sans tondre, sans apporter d’engrais ni de pesticides. Cela doit permettre à la flore de se développer naturellement et aux espèces animales qui y sont liées, de s’installer, formant ainsi un petit écosystème, paradis des fleurs sauvages et des papillons.

Comment participer ?

Pour cultiver son CARRE pour la BIODIVERSITÉ, c’est facile. Il n’y a qu’à laisser faire la nature… ou presque !

Étape n°1 : Choisir l’emplacement de son CARRE

Délimitez l’emplacement de votre CARRE avec 4 piquets (voire plus si vous envisagez une grande surface). Pas de limite de taille pour votre carré…5,10,50 ou 100 m2 c’est vous qui décidez !
Votre CARRE doit être bien exposé (pas plein Nord sous un énorme sapin par exemple). Vous pouvez « booster » l’émergence de votre CARRE en griffant le gazon avec une griffe ou un râteau. Les semences sauvages et vagabondes y trouveront plus facilement leur place.

Étape n°2 : Compléter et nous retourner le modèle de charte d’engagement qui vous concerne

Étape n°3 : Entretenir son CARRE…en se retenant d’intervenir !

L’objectif est de laisser faire la nature. Si vous prenez soin de ne sortir ni votre tondeuse ni votre pulvérisateur, en quelques semaines les premières plantes à fleurs apparaitront suivies de leurs cortèges d’insectes.

Étape n°4 : Observer son CARRE

 Ce Carré, au milieu de votre jardin, ne tardera pas à marquer un fort contraste avec le reste de votre gazon arrosé, tondu, dorloté… Nous vous invitons à observer la vie qui s’y développe et à partager vos observations. Des outils sont à votre disposition pour identifier la faune et la flore de votre Carré.

Étape n° 5 : Communiquer sur son CARRE

Tous les espaces cultivés selon la charte UN CARRE pour la BIODIVERSITÉ sont autant de havres de paix pour les fleurs sauvages, les papillons, les coccinelles, les abeilles …

Alors n’hésitez pas à en parler à vos amis, vos voisins et votre famille !

Vous pouvez aussi envoyer un courrier à votre maire pour l’inviter à faire participer sa commune à l’opération.

 

Foire aux questions

Pourquoi ne pas tondre mon carré ?

La tonte empêche le développement de certaines plantes. Les graminées qui composent le gazon sont pratiquement les seules plantes qui réussissent à survivre aux passages répétés de la tondeuse.

Pourquoi ne faucher finalement qu’en septembre ?

On pourrait très bien choisir de laisser faire la nature. Mais en l’absence totale de fauche, d’autres plantes vont s’installer : ronces, arbustes et au bout de quelques années, des arbres. Sous nos latitudes, un milieu « naturel » laissé à l’abandon aura ainsi naturellement tendance à se transformer à terme en forêt, stade le plus évolué. Par contre, si cette fauche n’intervient qu’en septembre la grande majorité de la faune et de la flore du Carré aura ainsi eu le temps de terminer son cycle de reproduction.

Pourquoi ne pas utiliser de pesticides ?

En utilisant des pesticides, on élimine une grande diversité d’espèces végétales et animales. Pourtant dans la nature en l’absence de pulvérisateur, tout est question d’équilibre ! Chaque espèce a ainsi son ou ses prédateur(s). Si on laisse faire les choses, cet équilibre se met en place rapidement. Prenez bien le temps d’observer votre CARRE : l’arrivée des pucerons par exemple ne tardera pas à être suivie de leurs prédateurs naturels (coccinelles, larves de chrysopes ou de syrphes, perce-oreilles…).

Enfin sachez que la plupart des pesticides sont très longs à se dégrader. Avec la pluie, ils rejoignent les nappes d’eau et les rivières. On les retrouve ensuite dans l’eau potable et dans notre assiette..

Pourquoi ne pas arroser ?

Chaque plante a ses propres besoins en eau. La nature (c’est bien connu) ayant horreur du vide, un sol ne reste jamais longtemps à nu. Tout un cortège d’espèces s’y développe alors. En l’absence d’eau, seules les plus adaptées et les plus résistantes s’installeront. En arrosant régulièrement son sol on « fausse la donne » en favorisant la présence de certaines espèces qui naturellement en seraient absentes.

Pourquoi ne pas utiliser d’engrais ?

Curieusement, il y aura une plus grande diversité de plantes, de fleurs (et donc d’insectes) sur un sol qui n’est pas enrichi régulièrement au moyen d’engrais. Par exemple, un sol qui reçoit trop d’azote pourra vite se voir recouvert uniquement d’orties ! Par ailleurs, comme avec les pesticides, les engrais utilisés en trop grandes quantités se retrouvent dans l’eau du milieu naturel et dans l’eau potable (les nitrates, notamment).

Pourquoi ramasser l’herbe après la fauche ?

En laissant l’herbe coupée se décomposer sur place, on va enrichir le sol en éléments nutritifs (notamment en azote). Cette modification du substrat va ainsi entrainer la disparition de certaines plantes pour en favoriser d’autres, plus nitrophiles. Un sol très fertilisé accueillera une pauvre diversité d’espèces. En exportant vos résidus de fauche, vous augmenterez la richesse spécifique floristique de votre carré…et donc sa biodiversité.

Pourquoi ne pas semer mon CARRE ?

On trouve aujourd’hui de nombreux mélanges de graines type « gazon fleuri » dans les jardineries ou sur internet. Ces semences ne sont pas forcément adaptées à votre terrain. Alors pourquoi ne pas laisser pousser celles qui le sont naturellement ? Les graines de plantes sauvages se propagent très rapidement et ne tarderont pas à s’installer sur votre CARRE.

Par ailleurs, ces mélanges de graines achetés dans le commerce sont souvent des espèces cultivées, horticoles (et parfois envahissantes). Elles risquent de se propager partout sans que vous ne puissiez les maîtriser.

Vous êtes intéressé par mettre en place un carré pour la biodiversité dans votre jardin, votre école, votre entreprise ou votre commune ? N’hésitez pas à nous contacter !

Contact : Stéphan Oleszczynski

04 73 87 35 21 ou soleszczynski@cpie63.fr